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LA PETITE
OUVRIERE
Béranger
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Ma mère
avait raison je l’vois, notr’ bonheur est au bout des
doigts
Défunte maman me disait sans cesse,au bout de tes doigts est
la richesse
Fille qui travaille avec honneur, se fait soi même sont p’tit
bonheur
Quel plaisir je r’sens à l’ouvrage,
Haa je suis tout en nage, je suis tout en na-age
Ma mère avait raison je l’vois, not bonheur est au bout
des doigts
Le cœur à l’ouvrage au mois de Décembre,
sans feu je m’enferme dans ma chambre
Quand il gèle à claquer des dents, j’réchauffe
mes doigts sans souffer d’dans
Quel plaisir je r’sens à l’ouvrage,
Haa je suis tout en nage je suis tout en na-age
Ma mère avait raison j’l vois, not’ bonheur est
au bout des doigts
Je me rappelle du grand Léandre, qui devant ma f’nêtre
d’un air tendre
S’déboutonna comme un impur, sans s’tourner du
côté du mur
Quel plaisir je r’sens à l’ouvrage,
Haa je suis tout en nage, je suis tout en na-age
Ma mère avait raison je l’vois, not bonheur est au bout
des doigts
De beaux messieurs proposent de ma faire, des enfants qui mourraient
de misère
Chers enfants par l’travail que v’là, je vous epargne
ce chagrin là
Quel plaisir je r’sens à l’ouvrage,
Haa je suis tout en nage, je suis tout en na-age
Ma mère avait raison j’l vois, not’ bonheur est
au bout des doigts
L’ouvrière qui craint la satyre doit chatouiier bourse
faire rire
En travaillant ça rend le cœur gai, et l’poignet
seul est fatigué
Quel plaisir je r’sens à l’ouvrage, je suis tout
en na a ge |
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